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> La Proie et l'Ombre, Okuden, l'autre versant... de Roland HABERSETZER
> Dédicace de Maître Soké Ryuho OKUYAMA
> Diplôme d'Etat et Brevet de Maître
> Préface de Jean-Lucien JAZARIN
> Le Message... de Jean-Lucien JAZARIN
> Préface de Olivier Pierre GOIN |
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oici un article dans lequel nous nous reconnaissons. Un article qui nous réchauffe le cœur en nous rappelant combien la méthode Wa-Jutsu de Maître J.J. QUERO est riche d’enseignements. |
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La Proie et l'Ombre, |
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Okuden, |
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l'autre versant... |
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 Il en existe encore quelques-uns, dans la société "Budo" actuelle… Quelques survivants, ou nouveaux pionniers. Qui sentent, même confusément (parce qu’ils l’ont déjà lu quelque part ou qu’ils en ont eu vent lors d’un bavardage de Dojo), que la technique, même la mieux exécutée, n’est jamais qu’un commencement. Ou, plus exactement, un aspect seulement de la "progression" qu’ils souhaitent. Et qui cherchent à mieux définir une direction, qu’ils aimeraient bien explorer, mais qui est si peu balisée par rapport à la voie considérée comme "royale" par l’immense majorité des pratiquants d’arts martiaux, celle dont les jalons sont les grades, les championnats, les titres et les honneurs. Et qui, au bout, satisfait si peu… parfois même ceux qui en ont pourtant été largement sevrés ! |
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 Ceux-là doivent savoir qu’ils ne sont pas dans l’erreur. Que leur intuition, cette sorte d’intelligence du cœur que certains portent en eux comme une Grâce innée et que d’autres ignorent à jamais, leur a fait entrevoir un monde Budo parallèle à ce qu’il leur est donné de voir dans les Dojo actuels. Et que s’ils ont eu assez de force intérieure, de discernement et de maîtrise pour, ne serait-ce fugitivement, se poser la question, c’est qu’ils possèdent en eux ce qui les rend fondamentalement aptes à entrer un jour dans cet autre monde. A condition de savoir renoncer à la voie facile qui les interpelle de partout et leur assure une réussite rapide et confortable, somme toute suffisante à bien des égards, pour explorer lentement et modestement la face cachée des choses, celle dont la saveur est incomparable. Ils doivent savoir que tout art martial propose une technique, soit le côté apparent, et autre chose, caché derrière cette technique, qui n’est qu’un code, un moyen, un filet pour attraper le poisson, des béquilles pour apprendre à marcher, dont pourtant tant et tant de pratiquants restent prisonniers à vie. Parce que personne n’aime lâcher la proie pour l’ombre. Or c’est dans cette ombre que se cache l’essentiel. |
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Tout art martial propose en effet deux niveaux de lecture : il y a d’abord l’étude de la technique en soi (shosa), qui peut être d’orientation défensive, sportive (compétition) ou traditionnelle (c’est-à-dire, en principe, non altérée par des impératifs dus au passage et à l’adaptation de ces techniques à la société actuelle). Ceci est le côté apparent (omote) de l’art martial, qui est ce que l’on sait, qui propose ce que l’on peut appeler "un produit fini" et qui ne peut donner plus que ce qu’il a… Soit, c’est vrai, assez de travail en soi (et d’intérêt) pour aveugler si souvent toute une vie de pratique. Et puis il y a cette ombre, la face cachée (ou intérieure) des choses, que l’on trouve dans la Tradition du Budo japonais (mais pas seulement) sous les appellations de GOKUHI, HIDEN, ou OKUDEN, mots qui recouvrent une notion de "secret", de "dérobé", avec une connotation ésotérique. Ce qui, justement, fait de la progression technique l’amorce possible d’une authentique Voie. Ces "secrets", qui sont des secrets d’efficacité (d’abord en ce qui concerne la technique en elle-même mais aussi, bien au-delà de cet aspect pragmatique, en ce qui concerne la façon de s’affranchir de la technique sans perdre pour autant "l’efficacité" apprise…) ont toujours existé dans les anciennes écoles, ainsi que leur transmission de maître à disciple élu, maître à son tour et nouveau maillon d’une chaîne de la Vraie Connaissance. Car n’y a pas accès qui veut. Cela exige un don particulier de l’élève, sorte de Grâce qu’il a ou n’a pas, et l’aide privilégiée d’un Maître éclairé. Ainsi chaque école traditionnelle d’arts martiaux (ryu) a son enseignement "Okuden", sévèrement sélectif, parfois consigné dans des écrits-archives (densho) de l’école, liens précieux que le maître lègue à son tour à son meilleur disciple (qui n’est pas forcément celui qui est le plus en vue) et que, dans les temps anciens, un Dojo cherchait à dérober à l’autre (il y avait autrefois de véritables "guerres de Dojo" au Japon, ou de Kwoon en Chine). Raison pour laquelle ces documents secrets sont toujours codés, ce qui est une protection efficace. |
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Tous les Dojo du monde connaissent maintenant la technique "Omote". A force d’en avoir fait le tour, et d’avoir manqué les indices pourtant laissés çà et là, celle-ci finit par lasser, tant son aspect répétitif essoufle puis arrête en fait la véritable progression. D’autant qu’avec le rétrécissement du monde et le brassage des hommes et des idées, il n’y a vraiment plus rien à inventer et on a fini par admettre qu’il n’y a pas, vraiment pas, de technique-miracle… Mais combien sont-ils encore parmi les Sensei actuels à être encore capables (lorsqu’ils en ont encore vraiment la volonté !) d’enseigner la technique "Okuden" ? Celui qui en est vraiment capable n’en fera sûrement pas publicité. Car telle est la Vraie Tradition, où les concepts de "club", de "cotisation", de "membre"… sont inconnus. Il y a, dans toute école puisant ses racines dans le passé, le maître mis en avant, considéré et imposé comme le chef de file, parce que, médiatiquement parlant, et comme on dit aujourd’hui, il "fait un tabac". On ignore cependant de plus en plus que celui qui, dans la Tradition, passe même devant lui c’est ce "kage shihan" (le maître de l’ombre), qui a hérité de l’Essentiel, ce qu’il ne transmettra à son tour qu’à UN disciple choisi, et qui ne se mettra jamais en avant. Allons comprendre, n’est-ce-pas… Mais cela est…
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 Alors ? Comment passer de "l’endroit" à "l’envers"… ? Quelles chances pour les pratiquants actuels ? Faibles, en vérité, mais à tout considérer pas moins qu’autrefois. Certains, très peu, auront cette disposition originelle favorable à l’Eveil, combinée avec la chance de croiser un jour un tel dépositaire de "secrets", qui leur donneront accès à ce fil d’Ariane sur lequel ils tireront lentement… Ils n’en feront pas, non plus, publicité. |
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 Mais les autres, tous ceux qui désirent vraiment découvrir cet "autre versant" ? Prêts à faire tous les sacrifices ? Il en reste, disais-je… Il leur faut d’abord, ceci est indispensable, avoir un haut niveau technique (omote) dans l’art qu’ils pratiquent. Sinon le chemin de l’Eveil est impossible. Ils ne sauraient jamais, autrement, reconnaître le détail, ce "plus", souvent évident et pourtant invisible, qui marquera la bifurcation vers l’entrée de la technique "Okuden". Dans cette première étape, il y a le Kata, précieux processus de maturation, qu’il faut "investir" corps et âme. Les anciens Kata surtout sont irremplaçables, même si, parfois, leur apparente pauvreté technique (qui pousse certains karatékas à en composer des modernes, plus "visuels") peut renforcer l’idée qu’on en fait rapidement le tour. Ils contiennent souvent des éléments du code nécessaire au décryptage de l’art tout entier. Pris à leur premier degré de compréhension, ils restent pour la masse des pratiquants rien qu’un "endroit", dans lequel ils n’auront ni la patience ni l’intelligence de chercher un "envers". Ils sont pourtant clés de la Connaissance créés autrefois dans ce but en Chine ou à Okinawa. |
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 Il est difficile d’en dire plus, raisonnablement, sur ce sujet. Le reste se vit, et ne se prouve pas. Quel intérêt y aurait-il à cela ? Ce n’est qu’une ombre… dans laquelle d’ailleurs certains s’enrichissent de leur charlatanisme ! Une ombre dangereuse en quelque sorte, car elle peut aussi vous perdre… Difficile dans ces conditions d’abandonner la face brillante de la technique, dur de s’affranchir des béquilles sur lesquelles, après tant d’efforts, on a fini par trouver un semblant d’équilibre et une position dans la vie ! Dur de s’affranchir du culte du Veau d’Or. Dur de lâcher la proie pour une ombre… |
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L’absence de spiritualité vraie condamne les arts martiaux externes à une lente mais certaine perte d’intérêt dans la société à venir. Du moins dans la majorité des Dojo actuels, où l’exploitation éhontée de la naïveté des gens a atteint des limites extrêmes. J’ai, quant à moi, toujours affirmé que les arts martiaux, s’ils se réfèrent à une Tradition authentique, c’est-à-dire ancienne et véritable, font partie d’un patrimoine culturel universel. D’une certaine façon ils sont un langage pour tous les hommes, qui peut les rendre un peu moins ignorants et qui leur permet de communiquer pour progresser, même s’ils ne leur permettent pas systématiquement de découvrir "l’autre versant". Tant qu’ils seront vivants le "code" ne sera jamais tout à fait perdu pour tout le monde et les techniques "okuden" pourront être transmises ou redécouvertes. De sorte que, demain encore , il en restera quelques-uns qui sauront la richesse de cette ombre qu’ils auront appris à scruter. On trouve bien dans les ruines des villes enfouies depuis des siècles des trésors inestimables abandonnés là par des civilisations disparues dont nous pouvons pourtant tant apprendre. D’ailleurs, l’accumulation des sédiments des siècles a toujours été le meilleur moyen, naturel, de protéger les richesses de l’humanité de l’érosion du temps et de la folie des hommes. C’est pourquoi, au fond, fort de cette certitude, je m’émeus de moins en moins de toutes ces idées fausses qui s’accumulent sur les Budo et fossilise le précieux vrai, en protégeant l’ombre derrière un aveuglement de lumière, sous un amoncellement de stupidités, de mesquineries et de faux-semblants. |
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 Roland Habersetzer
Professeur de Karaté D.E.
Professeur d'Histoire-Géographie
("Le Rônin", n°47, avril 1992) |
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édicace |
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de Maître Soké Ryuho OKUYAMA |
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à l'occasion de la nomination de J.J. QUERO |
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au titre de "Shi-Han" au Japon le 15 août 1975. |
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iplôme d'Etat et Brevet de Maître |
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Diplôme d'Etat.
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Brevet de Maître (en Japonais)
avec le "Makimono", rouleau ésotérique de l'Ecole remis à Maître QUERO.
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Brevet de Maître (en Anglais).
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Dédicace de Maître OKUYAMA à Maître QUERO.
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Remise du diplôme de Shi-Han
le 15 août 1975 à l'issue d'un stage spécial "Shihan-Gi"
dirigé par Soké Ryuho OKUYAMA.
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réface |
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de Jean-Lucien JAZARIN |
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Président d'Honneur du Collège National |
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des Ceintures Noires de France |
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Jutsu signifie l’art, la science, la technique, la pratique, la compréhension. C’est le mot qui est employé par le Maître Jigoro Kano fondateur du Judo-Kodokan, pour qualifier son enseignement. |
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 Cet enseignement est vaste et englobe toutes les manifetations, toutes les formes que revêt l’énergie de l’Univers. Il s’agit de l’Energie perçue "intérieurement" comme conscience, ou perçue "extérieurement" par les sens, comme objets. C’est le génie de Jigoro Kano d’avoir su exprimer ce fait universel en une formule unique extraordinairement simple, un principe plus universel encore que les principes de la Géométrie et aussi profondément logique : " Seiryoku-Zenyo" Utilisez l’Energie (et pas seulement la vôtre) avec efficacité. |
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 Le principe de cette utilisation efficace conditionne toute "Science", dans tous les domaines et tout art. Mais il ne suffisait pas à l’illustre Jigoro Kano d’avoir découvert le " principe" de toute action, il lui fallait découvrir le sens et la finalité de l’action. Il les formula en ces termes simples : " Jita-Kyoei", entraide et prospérité mutuelles. |
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 Ainsi : " Seiryoku-Zenyo" et " Jita-Kyoei" sont deux piliers fondamentaux de tous les Budo. |
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 Si ce n’est pas "cela" ce n’est pas du Budo, mais n’importe quoi d’autre, sans intérêt pour l’aspiration chevalresque, qui elle est : "Noblesse oblige". |
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 Jacques Quéro " Shi-Han" 5e Dan de Ju-Jutsu au Japon est un homme encore jeune dont le contact, au premier abord, est quelque peu surprenant. |
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 Sûr de lui, de sa science et de ses connaissances en Ju-Jutsu, il est fondamentalement axé sur l’enseignement traditionnel des anciens Maîtres auxquels il ne manque jamais de rendre hommage dans une attitude de véritable disciple. |
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 Pour lui le rapport Maître-Disciple est essentiel et permet seul l’épanouissement des valeurs qualitatives humaines les plus élevées, potentielles en tout homme. Le terme " Shi-Han" en japonais signifie "Modèle". Dans l’échange Maître-Disciple, le Maître sert de Modèle au disciple. Mais cela incite et contraint moralement, le Maître à être de plus en plus conforme au modèle qu’il est pour son disciple. Ainsi est-il lui aussi bénéficiaire de ce rapport, qui est " Jita-Kyoei". |
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 J’ai longuement parlé avec Jacques Quéro et j’ai pu me rendre compte que ce que certains ont interprété comme vanité et suffisance, était en réalité une tranquille certitude de ses connaissances en Ju-Jutsu. Il ne se contente pas d’affirmer la valeur des principes, il les analyse, en démonte et démontre les mécanismes, les explique et les justifie. C’est beaucoup, et c’est énorme. Ce n’est plus vague, c’est précis et authentiquement scientifique… Chacun peut ensuite l’expérimenter pour son propre compte, augmentant ainsi puissamment l’intérêt qu’il porte au Budo. Pour un professeur c’est une satisfaction profonde de pouvoir complètement répondre à toutes les questions de ses élèves. C’est aussi une joie pour l’élève d’être enseigné parfaitement. |
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 Bien que les lois françaises ne permettent pas de délivrer des grades en dehors du Comité National des grades de la Commission Française des grades, les disciples n’éprouvent pas le besoin du stimulant supplémentaire des grades, qui excite pourtant bien des candidats, car ils ont, à juste titre, le sentiment d’être comblés par la valeur de l’enseignement du Ju-Jutsu de Me Quéro. |
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 Si nous savons accueillir avec la sympathie et l’intérêt qu’il mérite, l’enseignement de Jacques Quéro, ainsi que ses actions propres de propagande et de stages qu’il entreprend dans toute la France ils seront un enrichissement pour tous les pratiquants. Cela nous conduira à nous remettre en question avec des arguments nouveaux, ce qui est la condition de tous les progrès. |
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 Il ne faut pas confondre les règlements sportifs de compétition qui ont leur propre terrain et leurs propres mérites avec les disciplines inhérentes aux Budo. Les disciplines du Budo tendent consciemment à la transformation volontaire de l’homme ordinaire, en un homme plus complet, plus équilibré, plus sociable. |
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 Le sport, lui, se préoccupe. C’est son but et sa raison d’être de triompher en compétition. Comme tel il a sa valeur non négligeable. Comme bien d’autres termes, "Sport" a une origine française : "desport" qui signifie "distraction". Les anglais avaient importé le mot et nous l’ont restitué avec une consonance anglaise, mais son sens n’a pas changé. C’est avant tout une distraction. Tout autre est le sens des "Budo" qui visent à un état supérieur de l’homme, et à une transformation effective de leur vie. Le Ju-Jutsu enseigné par Jacques Quéro en est la base fondamentale. |
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 Jean-Lucien Jazarin |
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Note : A cette époque, sur les 80 000 ceintures noires de judo ju-jitsu nommées, dont 35000 sont répertoriées au collège national des ceintures noires de France, Maître QUERO est la seule ceinture noire aujourd'hui à pouvoir présenter dans ses ouvrages techniques deux préfaces de valeur écrites par monsieur Jean-Lucien JAZARIN. |
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L  |
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e message... |
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de Jean-Lucien JAZARIN |
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Président d'Honneur du Collège National |
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des Ceintures Noires de France |
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 Avec raison, Maître Jacques QUERO veut établir un historique aussi complet que possible du Ju-Jutsu. |
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 Aucun groupement humain ne pourrait vivre coupé de ses racines. Cela ne signifie pas que l’histoire soit une vérité photographique des évènements. |
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 Toute histoire est, pour moitié, une reconstitution subjective. Toutefois, pour subjective qu’elle soit, elle est indispensable à notre vie. Aucun homme ne pourrait vivre sans se référer à des racines qui lui soient propres. |
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 Pour l’homme d’Orient traditionnaliste, ce concept de racines s’inscrit nécessairement, vitalement, dans une perspective "Cosmique". |
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 Son Univers comprend tout "Ce" qui est réel, y compris lui, bien entendu : mon Maître ajoutait : "Tout ce qui "Est" est réel dans l’éternité de l’instant, ICI ET MAINTENANT". |
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 En effet, personne ne peut penser ni dire : "Je ne suis pas". Ce serait une contradiction insoutenable de s’affirmer comme "Je" et de se nier, dans une même phrase, en ajoutant "ne suis pas". |
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 C’est pourtant ce qu’a fait l’homme Occidental en inventant le mot "chose". L’occidental a "chosifié" le monde. Il a inventé le "non-vivant", le "non-âme", la "Vie morte", et il a fini par se "chosifié" lui-même. |
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 C’est une Terrible confusion mentale. Notre société actuelle en est le fruit vénéneux. |
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 Dans l’impossibilité de créer un "matérialisme" puisque aucun physicien et "savant" digne de ce nom, ne peut trouver de "matière" en ce monde ; le concept de matière est une pure fiction, et n’a aucune réalité propre. |
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 L’atome le plus simple qui puisse être conçu est l’atome d’Hydrogène. Sa simplicité n’a aucune réalité propre, et il se présente à la pensée comme un noyau d’énergie positive : le proton ; et un "électron" d’énergie négative qui gravite avec lui. |
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 Il faut préciser que cette manifestation de l’Energie Cosmique n’est connue qu’épisodiquement et statistiquement. Elle apparaît et disparaît selon un rythme qui lui est propre, qui est sa signature et permet de l’identifier comme on le fait d’une empreinte digitale. C’est un quantum d’énergie cont le jeu, apparent, est réglé par la Théorie des quanta. |
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 Il en est de même d’un problème. Il y a problème quand nous ne voyons pas les liens et les rapports des données. |
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 Pourtant, ce sont ces rapports que nous recherchons pour résoudre le problème. Quand ils nous apparaissent, c’est brusquement, immédiatement d’un coup, comme un éclair, une évidence, un voile qui se déchire ! Ces rapports existaient avant la solution du problème, mais quand ils se révèlent à nous, leur réalité nous apparaît dans une explosion de joie et de libération des Tensions de notre ignorance ; et nous nous écrions avec jubilation, comme Archimède, "Euréka", j’ai trouvé. |
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 En réalité, avons-nous trouvé une réalité objective ? Non ! Rien ! Le problème a simplement disparu, pour la seule raison qu’il n’y a jamais eu de problème. Le seul problème étant notre propre ignorance, notre absence de lucidité. |
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 Toutes les températures de l’Univers tendent à s’égaliser selon les principes de la Thermodynamique de Carnot. |
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 Cette tendance à l’égalisation est nommée "entropie" et nous n’en percevons que les variations, car nous sommes insensibles à l’uniformité. |
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 Ce mécanisme est d’origine "Cosmique", il est si simple et naturel que nous ne pouvons le percevoir dans sa spontanéité. Tout travail mécanique produit des calories qui se dissipent dans l’environnement. Cet environnement étant constitué de chaque point de l’Univers, il est sans limites, et donc infini. |
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 Pour l’enseignement traditionnel de l’Orient, tout est infini, et donc l’homme, est lui-même infini. Cet infini est symbolisé par la forme parfaite du cercle. |
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 C’est le zéro. Il est le "vide" qui permet l’utilisation du "plein". C’est le trou qui permet l’utilisation de la roue. Par lui, l'univers solide est supporté. C’est la base de tout calcul et de toute numération. Le trou est le catalyseur du plein. |
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 L’homme d’occident "imagine" le contraire sans se rendre compte que "l’impermanence" congénitale de toutes les formes qu’il utilise le condamne à vivre dans "l’irréalité". |
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 Or, aucun homme sain ne pourrait vivre, s’il pensait que ce qu’il perçoit, dit, fait est irréel. Il serait alors dans une impasse psychologique qui deviendrait inéluctablement pathologique. |
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 La perte de liberté qui en résulterait, du point de vue individuel et social, ne peut être conjurée par l’homme qu’en réintégrant le plus rapidement et le plus complètement possible sa réalité "Cosmique" originelle. Là seulement, il peut se retrouver et se régénérer. |
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 Les vieux Maîtres nous ont légués une connaissance multimillénaire des techniques de réintégration nommées "BUDO" au Japon. |
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 Ces techniques sont connues en Occident comme "Arts Martiaux" ou "voie" chevaleresque. Elle est en réalité une véritable homéopathie de la violence, un des plus précieux apport de la civilisation japonaise à la civilisation occidentale. Tous les instruments de destruction y sont utilisés, avec intelligence pour vaincre la violence. |
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 Il a fallu le génie simplificateur de l’Illustre JIGORO KANO pour la formuler de façon à être comprise par tous, en comprenant toutes les activités intérieures ou extérieures de l’homme. |
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 "SEIRYOKU-ZENYO" a-t-il dit : " Utilisez l’énergie avec efficacité". Ce principe absolument universel, n’est pas un "savoir" seulement intellectuel et il ne peut qu’être vécu comme expérience permanente, éprouvée et ressentie. Un bref poème japonais nous rappelle que ce qui est essentiel ne peut être défini ni "saisi". Son "HAIKU" célèbre, suggère : "La lune ne veut pas se refléter dans l’eau ; l’eau du lac ne veut pas refléter la lune, mais ensemble, ils sont un miracle de beauté". |
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 Il convient ici de noter les réponses faites par M. KAWAISHI (S.H.) 10ème DAN, fondateur du Judo Français et Européen à des ceintures noires qui se plaignaient de la difficulté de mes articles sur les BUDO : "Si pas comprendre, lisez cent fois !". Il ajoutait aussi un commentaire "sibyllin" typiquement "Zen" : "Si comprendre pas nécessaire expliquer, si pas comprendre pas possible d’expliquer !". |
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 Tout cela exprimé comme un kiaï énergique, avec sa voix profonde du "Hara". |
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 Le Maître JIGORO KANO appelait cet enseignement réaliste, concret, universel, par son nom traditionnel : Le "JU-JUTSU". |
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 Le Maître Jacques QUERO, SHI-HAN de JU-JUTSU au JAPON, connaît à fond la science qu’il enseigne, il peut l’enseigner à ceux qui souhaitent vraiment l’apprendre. C’est le "BUDO", la voie Chevaleresque, qui est une force considérable. Elle produira ses fruits irrésistiblement, comme le dit Jacques QUERO lui-même, avec la patience et le temps. |
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 Je me permets d’ajouter, avec aussi le courage, la ténacité et l’audace qui sont les caractères de son tempérament exceptionnel. |
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| < DEBUT ] |
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 Jean-Lucien Jazarin |
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réface |
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de Olivier Pierre Goin |
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Promoteur du Judo et du Ju-Jutsu |
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en Champagne-Ardennes |
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Maître GOIN 6ème Dan de Judo en compagnie de Maître KAWAISHI
10ème Dan de Judo et pionnier du Judo Français.
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C’est avec un vif plaisir que je viens de lire l’ouvrage de Jacques QUERO qui, après un nouveau séjour au Japon où il s’est livré à une étude approfondie des méthodes de Ju-Jutsu et d’ Aïki-Jutsu, met au service des professeurs de Judo la synthèse de ses propres connaissances. |
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 A l’époque où les Arts Martiaux jouissent d’une publicité accrue offerte par le cinéma et la télévision et attirent de plus en plus d’adeptes, le livre de Jacques QUERO, par sa vigueur et son sérieux, est le bienvenu pour offrir au Maître comme à l’élève une information historique et technique de qualité. |
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 Cependant, loin d’être une lecture fastidieuse, ce livre abondamment illustré de très belles photos, aide à la compréhension et à la mémorisation des mouvements. Il a le mérite, en outre, d’insister avec juste raison sur le mental, déplorant comme moi-même l’évolution néfaste de certaines disciplines où l’Esprit a été définitivement abandonné au profit du physique. |
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 Où est-il le fameux roseau qui se libérait par sa souplesse de la grosse charge de neige qui l’écrasait ? |
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 Dans quel Dojo entendons-nous encore résonner les mots de Maître KAWAISHI "Mauvais Mental" ? |
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 C’est pourquoi, je crois que ce livre, en plus d’apporter des connaissances, donnera le désir de revenir au DO et à la vérité. |
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 Qu’il soit pour le Professeur et l’élève un guide et un ami, et renforce ainsi le lien qui les unit, c’est l’avenir que je lui souhaite. |
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| < DEBUT ] |
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  Olivier Pierre Goin |
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